CHAPITRE 04 Accalmie (passagère) de l’activisme actionnarial : activité et faits nouveaux importants en 2020
Le contexte de l’année 2020 Au début de 2020, lorsque la pandémie de COVID-19 a frappé les marchés nord- américains, l’incertitude s’est installée, les marchés boursiers ont chuté et l’activité commerciale a vacillé, créant des conditions qui, selon certains, offraient de nombreuses et favorables possibilités aux investisseurs activistes. Étant donné que certaines sociétés ouvertes connaissaient une baisse du cours de leurs actions sans précédent depuis la crise financière de 2008 et que l’activisme était une pratique solidement implantée au Canada, ces prévisions ne semblaient pas déraisonnables. Cependant, au cours du premier semestre de 2020, l’activisme a considérablement reculé au Canada. Selon les données d’ Activist Insight , une baisse de 43 % du nombre de revendications publiques d’activistes a été enregistrée au cours de ce semestre par rapport à la même période en 2019 82 . Pour ce qui est des offres hostiles, une seule a été officiellement lancée durant cette période. Si le ralentissement de l’activisme a pu apporter un certain réconfort aux émetteurs s’efforçant de se remettre de la pandémie de COVID-19, il ne sera probablement que temporaire. Le fait que les émetteurs sont toujours aux prises avec les effets financiers et opérationnels de la crise et que les opérations de fusion-acquisition reprennent crée des occasions qui inciteront sans doute les activistes à se remettre en selle. En fait, le niveau des opérations de fusion-acquisition concernant des sociétés ouvertes au Canada est resté relativement élevé en 2020, laissant penser que certains émetteurs pourraient opter pour une opération de vente comme moyen sûr d’échapper à l’incertitude persistante. De plus, ce niveau signifie que tant les émetteurs que les initiateurs risquent d’être la cible d’activistes. Les émetteurs cherchant à rendre une opération de vente inattaquable et les activistes souhaitant contester une opération devront tenir compte de divers facteurs. L’une des stratégies les plus agressives possible dans ces circonstances est de lancer une « offre d’achat restreinte » (parfois appelée « mini offre ») dans le but d’acquérir une position minoritaire suffisamment importante pour être en mesure d’exiger de meilleures modalités pour l’opération visée ou encore une solution de rechange. Cette stratégie a été utilisée pour deux opérations très médiatisées en 2019, dont il est question plus loin sous « L’Offre d’achat restreinte : le nouvel outil des activistes à l’égard des opérations de fusion-acquisition? ». Revendications des activistes en 2020 : faits saillants BAISSE DES REVENDICATIONS DES ACTIVISTES EN RAISON DE LA PANDÉMIE DE COVID-19 Le nombre de sociétés canadiennes ayant fait l’objet de revendications publiques de la part d’activistes au premier semestre de 2020 terminé le 30 juin (S1) a diminué de façon remarquable (voir le graphique 4-1) – une baisse de plus de 40 % a été
Le nombre de sociétés canadiennes ayant fait l’objet de revendications publiques de la part d’activistes au premier semestre de 2020 terminé le 30 juin (S1) a diminué de façon remarquable – une baisse de plus de 40 % a été enregistrée comparativement au premier semestre de 2019. Le Canada n’a pas été exclu de cette diminution. Mondialement, les revendications d’activistes ont connu une baisse de
31 % par rapport à la même période de 2019.
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